extrait du chapitre 6
Le voyage de retour s'est bien passé pour Kim et moi. Grâce à la nuit à l'aéroport de Miami qui a coupé le voyage en deux, j'ai pu récupérer et je me sens reposé. À notre arrivée au Québec, un collègue de travail de Kim est venu nous chercher à l'aéroport. Nous nous sommes dirigés vers leur bureau il était onze heures trente et ils devaient aller travailler puis nous nous sommes laissés. Nous nous sommes donné rendez-vous pour la semaine prochaine. Le bureau de Kim est situé tout près de l'appartement que j'ai loué. Cela facilitera nos rencontres.
Je prends le premier taxi qui passe pour me rendre chez mes parents en demandant au chauffeur de faire un détour pour passer devant mon futur appartement. J'ai tellement hâte d'emménager dans ce bel endroit. WOW ! Vivre seul pour la première fois de ma vie. Je suis sûr que j'aimerai ça.
Une fois rendu à la maison, je m'empresse d'appeler maman à son bureau pour lui dire que je suis revenu sain et sauf. J'ai pensé à deux reprises à appeler mes parents pendant mon voyage, mais finalement je ne l'ai pas fait. Je ne pouvais tout de même pas leur dire où j'étais et ce qui se passait. Après tout, j'ai dix-huit ans, ils vont devoir s'habituer à ne pas toujours savoir ce que je fais.
-Ari ! Où étais-tu ? Tu devais partir quelques jours et ça fait déjà une semaine. Que s'est-il passé ? Ton père et moi étions inquiets !
-Maman, je ne suis plus un enfant. Est-ce que je serai toujours obligé de vous informer de mes déplacements ?
-Oh ! pardon, mon trésor. Je te promets de faire un effort pour m'habituer à ton indépendance. Depuis que nous nous sommes réconciliés, ton père et moi, et que nous formons de nouveau une famille unie, je me suis habituée à la vie à trois. Tu nous manques. Tu es notre seul enfant. Ne crois-tu pas que c'est normal que nous ayons de la difficulté à te voir partir ?
-Oui, je comprends. Tout ce que je veux te dire pour le moment, maman, c'est que je ne suis pas allé dans les Laurentides. J'ai plutôt fait un voyage avec une amie. C'était tout à fait improvisé. Nous sommes allés à Rio de Janeiro et le voyage a été payé par sa compagnie.
-Rio ? Avec UNE amie ? Ton père sera surpris d'apprendre ça et que le voyage ne t'a rien coûté en plus ! Tu as de la chance, mon grand. Profites-en. Petit cachottier, tu ne nous avais pas parlé de ton amie...
-Elle s'appelle Kim et je vous la présenterai bientôt, ne t'en fais pas. Elle travaille pour une firme d'avocats. Vous devriez bien vous entendre toutes les deux. Mais je te préviens, elle a quelques années de plus que moi.
-Je ne suis pas surprise. Tu as tellement de maturité que c'est normal qu'une femme plus âgée s'intéresse à toi.
-Dis-moi, as-tu parlé à tante Carina dernièrement ?
-Non. Elle ne donne jamais de ses nouvelles. Nous en avons les rares fois où ton père l'appelle et quand mamou nous en donne. Pourquoi ?
-Je l'ai vue en esprit plusieurs fois et elle avait l'air malheureuse, c'est tout. Je sens qu'elle a besoin d'aide.
-Tu devrais en parler avec ton père avant d'entreprendre quoi que ce soit. Je suis désolée, je ne serai pas là pour le dîner, je dois travailler plus tard. Je devrais être de retour vers les vingt et une heures. J'ai bien hâte de te revoir.
Je me sens fébrile, comme si quelque chose de merveilleux et de difficile à la fois se profilait à l'horizon. Je saurai tout en temps et lieu, comme d'habitude. Je peux entendre la voix de Mishaël me chuchoter que je suis encore impatient ! Je me demande si un jour j'aurai sa sagesse.
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